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Curry Mussaman à Phan Ga
30 juillet 2006 à 11h44 :: rss
Je suis dans la baie de Phan Ga dans un adorable village sur pilotis, dont la particularité est d’être entièrement musulman. Avec cette succession de petites maisons en bois, chacune ayant une couleur pastelle distincte, j’ai plus l’impression d’être à Göteborg qu’à Phi Kin. Le chant du muezzin provenant de la splendide mosquée, tout d’or vêtue, ainsi que le tchador que portent les femmes me ramènent à la réalité…
Au marché, je rencontre Phi Jay. On parle chiffons… notamment du fameux curry mussaman (prononcez Matsaman) que je rêve de maîtriser depuis longtemps. Ce curry, d’influence musulmane, se distingue des autres par ses senteurs fortement prononcées d’anis étoilé et de clous de girofle, ainsi que sa consistance épaisse due à la richesse du lait de coco.
Par chance, elle s’apprête à en préparer pour le déjeuner. Aux crevettes pour changer du boeuf (Ghoong Mussaman). Je finis de faire le marché avec elle. On fait un crochet par le marchand de noix de coco (du lait de coco home made, ça n’a rien à voir !), et sa cousine qui possède un vivier de poissons et de fruits de mer.
Là, je réalise que « Ghoong » signifie « Crevettes » au sens large englobant ainsi les langoustes ! Allez, va pour les langoustes, je ne vais pas jouer les difficiles ;-)
Phi Jay possède 2 cuisines, une en plein air et une autre en intérieur… Quel luxe !
On commence par la première. C’est à vous couper le souffle : elle est située au pied d’une falaise, identique au rocher mythique de Goldfinger (qui, pour de vrai, est basé à 15 minutes en bateau de la maison de Phi Jay… décevant au possible entre nous car c’est Disneyland dans toute son horreur !). On prépare le lait de coco. Trop top : on mouille la chair de coco fraîchement râpée, on malaxe avec nos mains et puis l’on filtre pour obtenir un lait riche, onctueux et parfumé (pour obtenir 1 litre de lait de coco, il faut compter 2 kilos de chair de coco). On tranche à vif (dans le sens de la longueur) les langoustes (à cette occasion, je revêts à nouveau ma cagoule de bourreau ! cf. billet « Bourreau malgré moi ! ») et on prépare la fameuse pâte de curry Mussamam. Petite recettes express : 8 tiges de citronnelles, 10 petits piments séchés, 4 gousses d’ail, 4 échalotes, 1 doigt de curcuma, 1 cuillérée à soupe de poivre, une anis étoilé, 2 clous de girofle. On broye le tout dans un mortier ou, plus simple, dans votre robot Magimix (Phi Jay m’avoue que c’est désormais comme cela qu’elle procède). Aujourd’hui, c’est un peu pour le folklore (elle a bien vu que j’étais en quête d’authentique…).
On se rapatrie à l’intérieur pour la phase cuisson. Sa cuisine est grande et spacieuse. Avec de grandes ouvertures sur la mer… tout droit sortie de la revue Elle Déco ! Là, un jeu d’enfants : on fait chauffer le curry dans un grand wok pendant 3 minutes ; on rajoute le lait de coco. Une fois que le tout arrive à ébullition, on plonge les langoustes dans le liquide. On laisse le tout sur feu vif pendant 10 minutes. 2 cuillérées à soupe de Nam Pla, une de sucre en poudre. On remue. On coupe le feu et on sert sans attendre, accompagné de riz vapeur.
Fermez les yeux, laissez-vous envoûter par le muezzin, le clapot de la mer contre les pilotis et les parfums de ce curry vraiment pas comme les autres… 

Commentaires
1. Le 28 janvier 2007 à 18h31, par pepette
2. Le 03 février 2007 à 08h32, par xavier
3. Le 03 février 2007 à 16h20, par Amaretto
4. Le 03 février 2007 à 17h39, par lajula
5. Le 04 février 2007 à 18h09, par rodneyphi
6. Le 05 février 2007 à 04h53, par manu
7. Le 29 mai 2007 à 20h45, par André.. de l'Ain
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